Place des commerces : quelle honte !

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Intervention de Serge Bardin :

Romainville se veut, une ville « philosophe », nous voudrions qu’elle soit aussi une « Ville sensible », une « ville sensorielle » voire même une « ville poétique ».

Les Romainvillois, présents dimanche dernier, lors du rassemblement sur la Place du Marché, présents ce soir dehors et, nous ici, assis derrière cette table, nous vous demandons de « poétiser » notre ville.

La question du sensible émerge du coté des professionnels de l’urbain.
Je cite une urbaniste : « Elle traduit le besoin d’une ville plus respectueuses des êtres dans leur rapport émotionnel, sensoriel et sentimental aux lieux et paysages urbains. Elle traduit le besoin d’une ville susceptible d’être rêvée, ressenties et éprouvée, de liens poétiques des citadins à leurs territoires. »
Oui, les individus ne sont pas seulement « spectateurs des villes ».

Les nouvelles générations citadines ont besoin de s’approprier les espaces publics emblématiques et ordinaires de leur ville, de leur quartier, qui sont autant de lieux au caractère et à l’identité forte.

Les associations de riverains se mobilisent contre votre politique d’aménagement urbain.

Elles expriment non pas le souci de la défense d’intérêt particulier mais au contraire un « désir de ville ».

L’urbanisme ne peut pas être figé par le «plan masse», par le cahier des charges et la lourdeur administrative

La place des Commerces porte, malheureusement bien son nom (sous réserve que les dits commerces perdurent dans le temps), c’est une place de commerces, de commerçants, de boutiquiers et non une place publique !

Je cite un géographe : « C’est son caractère d’espace ouvert qui définit la place, son accessibilité. Elle est comme une clairière dans la ville. (Ce qu’est, ne vous en déplaise, l’actuelle place dit du marché !) Une place est un lieu de visibilité (visibilité de soi-même et d’autrui), un lieu de liberté (de parole et d’action), un lieu de bavardage, un lieu de passage mais aussi un lieu où l’on s’attend et où l’on se retrouve, bref un lieu de séjour provisoire, un lieu où se superposent et se juxtaposent un grand nombre de classes sociales et d’usages, bref quelque chose qui ressemble fort à un désordre, mais qui, au bout du compte, restitue au piéton une dimension d’existence (…), une conscience de citoyenneté, ou plus précisément une civilité. »

Je poursuis la citation …

« L’ouverture de la place c’est aussi le fait de sa désorientation, de la multiplicité des directions qu’on peut y prendre pour y entrer et pour en sortir. (…) La place est comme un plateau de théâtre. Plusieurs entrées, plusieurs sorties, plusieurs histoires y sont possibles (…). La place est et doit rester sans fonction, elle est le lieu du ni l’un ni l’autre.

Vous avez décidé de donner une « fonction » à ce site et par la même … de ne pas faire de cette place « un lieu du ni l’un, ni l’autre » mais un lieu du rien !

Cette ville, Madame le Maire, nous l’aimons, et, nous déplorons que la politique immobilière que vous menez, la brutalise!

Vous bâtissez une ville contre ses habitants, contre ses usages, contre ses traditions.

Romainville, une ville qui est aussi un village.

Avec ce projet de Place des commerces, avec cet immeuble « médiocre », avec cet « immeuble monstre », « néo-vénitiano-faubouriens », l’esprit du village, Madame le Maire, vous l’avez perdu, vous nous le faites perdre.

Je cite encore pour finir « chaque lieu engage l’existence des humains et nier les lieux, c’est nier l’existence humaine dans son lien à la terre, « porter atteinte à la ville, c’est porter atteinte à des êtres humains. »

Nous ne vous en remercions pas.

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