Encore des subventions exceptionnelles

Mon intervention en conseil municipal du 28/06/2018

Madame le Maire, Monsieur Weisselberg

Nous sommes déjà intervenus en février dernier concernant l’attribution de subventions exceptionnelles qui n’ont plus rien d’exceptionnel à part le nom.

Décidément, nous ne nous expliquons pas les raisons pour lesquelles nous sommes amenés à voter très, trop, régulièrement ces subventions exceptionnelles.

Qu’est-ce qui le justifie ?

Les associations Romainvilloises dont nous sommes d’accord pour saluer les actions sont déjà subventionnées au travers du dispositif de la politique de la ville.

En effet, l’association Art en partage bénéficie de 500 € au titre de ce dispositif et de 8.000 € sur la part de l’Etat.

Quant à l’Annexe du Train de Vie – compagnie Jetzt, elle perçoit 7.000 € au titre de la politique de la ville.

Dans cette délibération vous précisez que ces associations « interviennent dans les écoles dans le cadre des activités périscolaires ».

Elles sont donc prestataires pour la ville et à ce titre pouvez-vous nous préciser si elles sont rémunérées ?

De son côté, la compagnie Jetzt propose de nombreux ateliers qui sont payants, et son pendant, le Train de Vie, est un établissement à but lucratif.

Lors de notre intervention en février, vous nous aviez répondu que vous subventionniez de manière exceptionnelle des projets. Aujourd’hui comme le montre l’intitulé de la délibération, vous nous demandez de voter une subvention exceptionnelle de « fonctionnement », ce qui ne correspond pas à ce que vous aviez dit à l’époque.

Quelle est la logique dans tout ceci ?

Pourriez-vous nous expliquer de manière précise quelles sont les critères requis pour obtenir ces subventions exceptionnelles. En effet, 5.000 € de subventions pour chacune de ces associations c’est un montant non négligeable au regard de ce qui est attribué habituellement dans le cadre de la vie associative.

Vélos en livre service : une bonne idée ?

Mon intervention lors du Conseil municipal du 28/06/2018

Madame le Maire, Monsieur Champion,

En novembre dernier, vous nous proposiez la signature d’une convention avec le syndicat Autolib Vélib Métropole.

Je vais me permettre de vous relire une partie de notre intervention lors de ce Conseil Municipal.

« A première vue, nous pourrions nous satisfaire de voir se développer sur notre territoire des moyens de transports doux. Mais cette vision serait peut-être trop simpliste.

Le vélo en libre service comme le Vélib en place depuis 10 ans à Paris est pour certains le parfait exemple de l’inefficacité des dépenses électoralistes des municipalités. Bien évidemment au départ on part d’une bonne intention : développer le vélo, moyen de transport urbain écologique et peu onéreux.

Mais les politiques ressentent le besoin de monter qu’ils ont des idées, qu’ils peuvent offrir un nouveau type de service public, sans que cela ne coûte rien aux citoyens.

Mais la réalité est tout autre, après 10 ans, un Vélib revient à 4000 € par an à la municipalité, ce qui conduit à un déficit de 16 M€ chaque année et tous les contribuables utilisateurs ou non, financent ce déficit ».

A l’époque, lorsque nous avions énoncé ces chiffres, encore une fois vous les aviez accueillis avec un sourire, certainement en pensant d’où nous pouvions encore sortir de telles aberrations ou bien considérant qu’encore une fois nous étions totalement rétrogrades et épidermiques à toutes nouveautés.

Malheureusement, quand on constate le dysfonctionnement majeur à Paris entre le fiasco du nouveau Vélib et l’abandon du système de location Autolib’, nous ne pouvons que constater que nos craintes d’alors étaient bien réelles.

Madame Hidalgo vient donc de dénoncer ce contrat alors qu’elle affirmait encore l’an dernier qu’il n’y avait pas de déficit, que tout allait bien et que le service était performant. Comment peut-elle nous expliquer maintenant qu’en un an ce service soit devenu non performant et accuse d’après son exploitant 233,7 M€.

Il y a indéniablement un vrai point de rupture entre Paris et les villes de 1ère couronne qui avaient travaillées de manière commune sur Vélib et Autolib. Le changement de prestataire pour le Vélib et la rupture du contrat Autolib à démontré encore une fois l’égocentrisme du Maire de Paris qui ne concerte quasiment jamais avec la banlieue.

Vous avez-dit un ou des promoteur(s) immobilier à Romainville ?

Notre intervention lors du conseil municipal du 02 mai 2018

Madame le Maire, Monsieur Champion

Vous procédez régulièrement à la mise en vente de terrains communaux. A plusieurs reprises nous vous avons fait remarqués que comme dans de multiples communes ces ventes ne faisaient pas l’objet d’une procédure d’avis d’appel d’offre ouvert à candidatures permettant ainsi la mise en concurrence des candidats acquéreurs. Nous constatons d’ailleurs que 290€ du m² de plancher à construire semble bien faible.

Nous sommes bien conscients que les communes ne sont pas soumises à des obligations de publicité particulières dans le cadre de ces cessions mais nous souhaiterions connaître votre position à ce sujet.

Nous aurions aimé, comme le font d’autres communes, l’organisation d’une consultation, régie par un cahier des charges consultable pendant une certaine durée sur le site internet de la ville qui précise à la fois la désignation du bien et l’organisation de la procédure de consultation.

L’appel ouvert à candidature serait par ailleurs publié dans le bulletin municipal, pourquoi pas doublé par une publication dans un journal local et enfin un affichage sur le terrain à vendre.

En finalité, une commission ad hoc, composée d’élus du Conseil Municipal et d’un notaire se chargerait alors d’étudier les offres des candidats acquéreurs au regard dudit cahier des charges.

Voilà Madame le Maire comment beaucoup de communes gèrent la vente de leurs terrains communaux afin d’en tirer le meilleur des revenus pour les finances communales et comment nous souhaiterions que cela se passe à Romainville. Ce processus nous semble transparent et sérieux.

Concernant cette délibération, nous sommes également surpris par le choix de l’acquéreur du terrain rue Floréale. En effet, très régulièrement le promoteur AB Groupe se porte candidat à l’achat des biens mis en vente par la commune et en obtient l’acquisition.

Etant donné qu’il n’y a pas d’appels d’offres, que ces terrains ne sont pas vendus aux mieux disant mais aux prix des domaines, comment expliquez-vous que ce soit régulièrement ce même promoteur qui se porte acquéreur et qui soit choisis au final ?

Peut-être que notre analyse est erronée, dans ce cas, pourriez vous nous faire connaître par exemple sur les 24 derniers mois la répartition des ventes des biens communaux par promoteurs ?

Enfin, dans ce projet, rue Floréale, nous avons bien compris qu’il s’agissait d’un partenariat avec le promoteur puisqu’un des objectifs est d’acquérir – on l’espère dans des conditions avantageuses – 3 logements sociaux !

A ce sujet, avez-vous une idée du prix de cette cession ?

Notre avis sur la part communale versée aux associations dans le cadre du contrat de ville

Notre intervention lors du Conseil Municipal du 02 mai 2018

Madame le Maire,

La politique de la ville est une politique publique qui a été transférée aux agglomérations.

Ici comme sur d’autres politiques publiques, nous regrettons, Madame Le Maire, que vous jouiez à demi-mesure le jeu de l’intercommunalité !

Sur la programmation romainvilloise proposée, si nous reconnaissons que les projets et les porteurs de ces derniers sont de qualité, nous considérons que les projets culturels prennent une place trop importante.

Nous aurions aimé que ces crédits servent mieux le rééquilibrage territorial indispensable et les attentes sociales des habitants de nos quartiers. Qu’ils soient consacrés à de véritables actions de mobilité sociale et d’émancipation à même de répondre à la situation de ces quartiers « où tout se dégrade sournoisement » comme le souligne Jean-Louis Borloo à l’occasion de la remise récente de son rapport au gouvernement.

Approbation du compte administratif 2017 – Budget Ville

Notre intervention au Conseil municipal du 28/03/2018 sur le compte administratif 2017 :

Voilà donc, comme chaque année, le moment de vérité !

Le moment où se dévoile en réalité la situation financière de la commune. Le moment où notre œil est rivé sur les ratios budgétaires obligatoires.

Obligatoires, ils le sont et, sans doute imparfaits car, fondés sur la notion de « population », ils nient les disparités qui existent inévitablement entre les habitants de 2 collectivités de même state en raison de différences géographiques, économiques et sociales.

Néanmoins,  ils permettent une lecture objective et une compréhension des comptes communales.

Pour être pertinente, cette lecture doit se faire sur plusieurs exercices. Que nous disent ces données sur la situation financière de la commune …

Le ratio 1 mesure les dépenses  réelles de fonctionnement. Il mesure le « train de vie » de la commune.

Les dépenses de fonctionnement, selon vous maitrisées, passent de 41M€ à 44M€. Certes, ce montant intègre une régularisation d’emprunts. Cependant, l’analyse du ratio sur les 3 derniers exercices montre une progression en valeur de près de 30% alors qu’elle n’est que de 2% sur la moyenne nationale de la strate.

Les produits de cession sont une nouvelle fois à un niveau extrêmement élevé – 8M€. Ces ressources par nature non pérennes contribuent pour près de 15% des recettes réelles de fonctionnement, ce qui relativise la capacité d’autofinancement.

Les dépenses d’équipements s’envolent dans l’urgence sous la pression de la promotion immobilière. Au regard de la population, elles ont été en valeur multiplié par 2 alors que la moyenne nationale de la strate est en baisse.

En rapport avec les recettes réelles de fonctionnement, l’écart entre les valeurs communales et la moyenne se creuse démesurément.

Vous nous direz que sur vos précisions 2018, l’encourt de dette baisse mais la dette par habitant reste de 40% au-dessus de la moyenne nationale et continue de croitre.

Vérité des chiffres, le compte administratif 2017 conforte malheureusement nos inquiétudes, nous le déplorons, sachez-le !

Vote sur les taux de fiscalité 2018

Mon intervention au conseil municipal du 28/03/2018 sur les taux de fiscalité :

Madame le Maire,

L’année dernière j’avais fait une longue intervention pour vous dire que « NON » vous ne feriez pas croire aux Romainvillois que vous étiez plus vertueuse que les autres et que c’était même le contraire.

Rappelez-vous, J’avais pris soin de rechercher sur l’ensemble de notre département les taux d’impositions afin de comparer ce qui était comparable, puisque de votre côté, trop souvent vous mettiez en comparaison vos taux d’imposition avec des villes bien éloignées de chez nous, voir même dans d’autres départements. Ceci m’avait permis de faire connaître aux Romainvillois ce qu’il en était réellement sur notre territoire de Seine-Saint-Denis.

Je me souviens que dans l’assistance mon intervention en avait irrité quelques uns, était-elle trop longue ou bien dérangeante… je ne sais pas trop.

Je vais donc vous épargner cette année cette longue démonstration, mais juste vous dire que comme en 2017 où seules 6 villes sur 40 avaient augmenté la taxe foncière, certaines aujourd’hui ont déjà annoncées qu’elle en ferait de même en 2018 à l’instar du Blanc Mesnil.

Vous voyez, Madame le Maire il n’y a rien d’exceptionnel et vous n’êtes pas la seule à ne pas augmenter les impôts. Par contre comme l’année dernière, je vous dirais et je le dirais également aux Romainvillois, que les taux que vous nous demandez de voter aujourd’hui seront comme toujours au-dessus de la moyenne de notre département.

Ce que vous appelez une non augmentation des impôts depuis plusieurs années, n’est en fait qu’une course pour vous mettre à peu près au niveau des autres villes de Seine Saint Denis.

A la fin de votre mandat on y sera peut-être…. dans la moyenne !…. ou pas !

D’autre part, le montant des prélèvements que vous proposez est supérieur au potentiel fiscal c’est-à-dire au produit fiscal qui serait perçu par la collectivité si vous appliquiez aux bases fiscales brutes les taux moyens nationaux. Vous avez un potentiel fiscal de 31,4 M€ et vous prélevez 37.5M€ !

Ceci veut dire que vous ne disposez pas, en cas de nécessité, de marges de manœuvre pour accroitre davantage la pression fiscale !

Alors voilà Madame Le Maire, ce sont pour toutes ces raisons que nous n’allons pas particulièrement nous réjouir de ce taux d’imposition, quand bien même il n’augmente pas. Vos arguments sont trop courts et le taux trop élevé. Nous ne mentirons pas aux Romainvillois sur cette fausse bonne nouvelle.

Par conséquent nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Vote du budget primitif 2018

Notre intervention au Conseil Municipal du 28 mars 2018 sur le budget :

Comme de bien entendu, vous nous présentez un budget :

  • qui renforce toujours plus le service public local,
  • qui améliore le quotidien des Romainvillois,
  • qui préserve leur pouvoir d’achat,
  • qui investit pleinement pour l’avenir de notre ville
  • qui protège et rassemble les habitants
  • qui améliore le cadre de vie.

On pourrait se contenter de ces mots mais nous l’avons dit lors du Débat d’orientation budgétaire le mois dernier et, à l’instant, pour l’examen du compte administratif 2017, nous faisons une lecture toujours plus inquiète de vos orientations budgétaires.

Le vote du budget communal est un acte politique de prévision.

Nous ne pouvons approuver – et vous pouvez toujours caricaturer et moquer notre orthodoxie budgétaire – un budget qui ne vise pas la baisse des dépenses communales.

Le budget communal, c’est le quotidien commun des habitants. Les budgets participatifs fleurissent partout. Ils consistent à faire participer les habitants volontaires et aux décisions concernant l’allocation du budget communal.

Madame le Maire, hier soir, lors de l’atelier consacré à l’aménagement de la placette du 19 mars 1962, vous avez, selon nous, de manière confuse et improvisé, fait voter les présents afin de retenir un scenario.

Dans cet esprit, êtes-vous favorable, comme nous le sommes, à offrir un pouvoir décisionnel direct même partiel aux citoyens concernant le budget communal ?

Un bon budget, pour nous, c’est un budget prudent, un budget partagé avec tous.

Là où nous aimerions de la prudence, vous faires dans l’extravagance, là où nous aimerions de la participation, vous faites dans la fantaisie personnelle !

Une convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe : est-ce bien utile ?

Notre intervention lors du Conseil municipal du 15/02/2018

Les stéréotypes de genre et le sexisme continuent d’être un obstacle à la réalisation de fait de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le Président de la République  a lancé officiellement en novembre dernier lors de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites
aux femmes, la grande cause nationale consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes – égalité dans la sphère privée en  permettant
aux femmes et  aux hommes de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle, égalité dans la vie professionnelle en permettant aux femmes de vivre de leur travail en s’assurant du respect des lois existantes,  lutte contre le harcèlement et les violences faites aux
femmes.

L’action dans ce domaine passe à la fois par des mesures concrètes dans l’ensemble des politiques publiques et par une démarche éducative et culturelle à laquelle se rattache la lutte contre les stéréotypes qui freinent le progrès vers une égalité plus réelle.

Vous nous proposez ce soir d’approuver la signature de la Convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe lancée en 2015  par le Haut Conseil de l’égalité entre les femmes et les hommes, signée en deux ans par à peine une cinquantaine de signataires : quelques ministères, quelques écoles, certaines villes et d’adopter dans sa communication publique le guide pratique qui
comporte 10 recommandations.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec certaines de ses recommandations – éliminer les expressions sexistes, présenter intégralement  l’identité des femmes et des hommes, ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle, diversifier les représentations des femmes et des hommes, veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes.

D’autres de ces recommandations ont posé problème et nous interroge sur la façon dont vous serez amenés à les mettre en œuvre –
celle sur l’accord des noms de métiers, titres, grades et fonctions, celle sur l’usage du féminin et du masculin dans les messages
adressées à toutes et à tous.

Certes, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, il s’agit de faire preuve de volontarisme mais il nous faut garder néanmoins le sens de
la mesure.

La circulaire du 1er Ministre du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française appelle à féminiser les titres, les métiers et les fonctions en particulier dans les textes publiés au Journal officiel : « s’agissant des actes de nomination, l’intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé sauf lorsque cet intitulé est épicène ».

L’Académie française déconseille elle la féminisation des noms de titres, grades et fonctions officielles, « par distinction avec les noms de
métiers, dont le féminin s’impose naturellement dans l’usage ».  Les particularités de la personne ne doivent pas empiéter sur le
caractère abstrait de la fonction dont elle est investie, mais au contraire s’effacer derrière lui.

Les fonctions n’appartiennent pas en effet à l’intéressé : elles définissent une charge dont il s’acquitte, un rôle qu’il assume, une
mission qu’il accomplit.

Lorsqu’on dit « Madame LA Maire de Romainville », cela signifie qu’il faut que le maire de Romainville soit une femme. Si on dit « Madame Le Maire de Romainville », cela signifie que le maire peut être un homme ou une femme mais qu’en l’espèce, il est une femme.

Quant à l’utilisation de l’écriture inclusive, la circulaire de novembre dernier est formelle : interdiction de cet usage qui consiste « à
substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme
féminine ».

A l’inverse, l’écriture inclusive fait son chemin dans les collectivités. La ville de Paris va former 300 de ses agents à l’écriture inclusive et va constituer un groupe de travail pour réaliser un livret dans la perspective d’une généralisation de la communication inclusive à
l’horizon fin 2018.

Vous inscrivez-vous, Madame le Maire, dans cette voie ?
C’est l’écriture normale qui est inclusive, puisque le genre grammatical masculin est toujours inclusif sauf si on précise qu’il s’applique aux hommes mâles. La graphie aberrante proposée comme « inclusive » est simplement « explicite ».

Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française a élevé une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.
Comment les générations à venir pourraient-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ?
Nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe : elle n’est pas en effet un outil qui se
modèle au gré des désirs et des projets politiques.

Les collectivités territoriales sont des actrices essentielles de l’égalité entre les femmes et les hommes. Par leur statut d’employeuses, par la définition et la mise en œuvre de leurs politiques publiques, par leur connaissance et leur capacité d’animation des territoires, elles sont un véritable levier pour une action publique en faveur de l’égalité.

La communication publique  a une grande part de responsabilité mais elle ne fait pas à elle seule et toute seule la culture d’une société. C’est pourquoi il faut aussi interpeller solennellement les publicitaires, les médias, les industries du jeu, de la mode, des cosmétiques à engager une réflexion approfondie sur leur usage de la représentation et de la place des femmes.

Ce type de message par exemple ne doit-il pas vous obliger à intervenir … il s’agit d’un visuel de promotion du futur Village des marques !

C’est par notre mobilisation à tous, membres de la société civile, entreprises, associations, professionnelles, que nous remporterons ensemble ce combat culturel ; c’est parce que chacun dans ses choix quotidiens, dans ses expressions, dans ses engagements prendra en compte cette égalité, ce devoir de dignité que nous gagnerons la bataille culturelle.

 

1er budget de Macron : pas totalement à la hauteur

Mon Intervention au Conseil Municipal du 15 février 2018

Madame le Maire,

Je tiens tout d’abord à remercier le personnel communal des finances qui a permis de préparer et présenter ce Rapport d’orientation budgétaire.

Cette présentation intervient peu de temps après le vote du budget présenté par le gouvernement et qui est donc obligée d’en tenir compte.

Je vais donc me permettre de donner mon avis non pas sur ce rapport, puisque mon collègue vient de le faire au nom de notre groupe, mais d’intervenir sur le budget gouvernemental largement amendé par le groupe Les Républicains au Sénat, ce qui justifie que notre groupe l’a voté.

Ce budget est d’autant plus important qu’il est le 1er du quinquennat et donne souvent le ton des années à venir. Le candidat Macron promettait un monde nouveau, le Président qu’il est devenu ne révolutionne que très peu. Pas de grands bouleversements structurelles ni de grand choc de compétitivité. Certaines promesses électorales ont tout simplement disparues comme la défiscalisation des heures supplémentaires ou reportées en 2019 comme la transformation du CICE en baisse de charge et la baisse des impôts sur les sociétés pour toutes les entreprises. Concernant les efforts économiques sur le périmètre de l’État, le compte n’y est pas. Seulement 1600 postes supprimés en 2018 sur les 50.000 annoncés sur le quinquennat… nous verrons donc plus tard.

Les 10 Md€ de baisse d’impôts et les 20 Md€ d’économie annoncés l’été dernier ont fondus comme neige au soleil en devenant 7 Md€ de baisse d’impôts et 14 Md€ d’économie. Certes cet effort n’est pas neutre mais manque sérieusement d’audace dans un contexte économique plus favorable qui devrait pousser l’État à davantage d’effort, moins difficile à reporter en cette période de meilleure croissance.

Le principal effort d’économie est donc reporté dans la seconde moitié du quinquennat et beaucoup d’économies annoncées sont actuellement peu documentées comme le souligne le Conseil des Finances Publiques. Cela nous rappelle avec inquiétude le début du quinquennat de François Hollande où on nous disait c’est pour plus tard…

Concernant l’effort structurel, il est insuffisant et 6 fois inférieur aux exigences européennes. Sur le logement, nous attendrons la nouvelle réforme, quant aux retraites, une nouvelle réforme aurait due être une priorité. Ces choix ne sont pas sans conséquences : en 2018, le déficit de l’Etat continuera à se creuser de 6,4 Md€.

Ce budget présenté au Parlement et aux Français n’est pas celui du pouvoir d’achat, leitmotiv du gouvernement. En effet, il comporte de nombreuses mesures de hausse de fiscalité : augmentation massive de la fiscalité énergétique, hausse du tabac, de la CSG, fiscalisation du PEL, baisse de 5€ des APL.

Malgré tout, ce budget comporte des avancées pour les entrepreneurs, à travers les mesures an faveur du capital, mais il ne contient aucune mesure en faveur des entreprises à l’exception de la suppression de la taxe sur les dividendes, mais elle à été imposée par le Conseil Constitutionnelle et une baisse ciblée de l’impôt sur les sociétés qui avait été programmée sous le quinquennat précédent.

Aucun choc de compétitivité prévue cette année, aucune mesure autre que celle résultant de la mise en œuvre du pacte de responsabilité souhaité par François Hollande. Ceci devrait faire plaisir à nos amis socialistes.

Ces pour toutes ces raisons que la majorité Sénatoriale, notamment par la voix de notre Sénateur Philippe Dallier, à formulée et fait adopter différentes mesures pour améliorer ce budget.

Concernant les entreprises, le choc de compétitivité n’ayant pas eu lieu, le groupe Les républicains à proposé plusieurs mesures da soutien aux PME  et à l’innovation. L’amortissement accéléré pour les robots, imprimantes 3D, logiciels ; sur-amortissement  de 40% des investissements des PME ; le maintien des abattements pour le départ à la retraite des patrons de PME afin de favoriser les transmissions. Concernant les collectivités territoriales, notre groupe à reporté la réforme de la taxe d’habitation d’une année pour prendre le temps de travailler le sujet. Enfin nous avons votés des économies courageuses comme les 3 jours de carences, l’encadrement de l’aide médicale d’État qui ne cesse de déraper et l’alignement du temps de travail de la fonction publique sur le privé.

Voilà le budget tel que la majorité Sénatoriale l’a amandée et que cette même majorité menée par Les Républicains à voté le budget présenté par l’État.

La tour maraichère : une aberration et un risque économique !

Acquisition amiable du terrain sis rue Albert Giry/rue Madeleine Odru correspondant au terrain de la tour maraichère
Vous a-t-on dit que nous étions opposés à ce projet de ferme verticale ?
Nous voterons contre bien entendu cette forme de spoliation du patrimoine des locataires de Romainville Habitat.
Lors du dernier conseil d’administration de l’Office, les représentants des locataires ont votés contre ou se sont abstenus.
En plus d’avoir pris en charge les frais du concours d’architecture, de mobiliser son personnel, l’Office cède aujourd’hui son patrimoine
gracieusement.
Les locataires peuvent effectivement légitimement s’interroger en vous entendant protester contre la baisse des loyers imposées par la
baisse des APL, menacer de ne plus entretenir le patrimoine tout en cédant pour 1€ symbolique un terrain qui vaut plusieurs centaines de milliers d’€.
Lors du dernier conseil municipal, nous vous avions demandé de nous préciser le modèle économique de l’activité de cet équipement. Nous vous avions montré des exemples de fermes verticales loin de ressembler dans leur fonctionnement à votre projet.
Vous nous aviez parlé de Vancouver et de Singapour- il s‘agit là-bas de « Rooftop framing », de serres maraichères implantées sur des toits d’immeuble, non de bâtiments de fer et de verre.
A Vancouver, où la Municipalité, j’en reparlerai, favorise l’agriculture urbaine en mettant en place une politique alimentaire locale, je suis navré de vous l’apprendre mais Alterrus qui exploitait ses serres a déposé son bilan.
Par contre, bonne nouvelle pour l’agriculture verticale aux États-Unis, la Start-up Plenty vient de lever 200 millions de $ – l’endroit est
surnommé « la Cathédrale » et ressemble à un immense hangar sous lumière artificielle.
Le mois dernier, vous nous avez répondu avec le mot magique E2S – économie sociale et solidaire … et insertion par l’économie.
Mots qui ne dédouanent pas celui ou celle qui les prononce de toute justification économique. Ce n’est pas les bons sentiments contre les
vilains marchands !
L’E2S est un mode d’entreprendre qui connait un développement fulgurant et on s’en félicite. Nous saluons les réussites Romainvilloises
de Baluchon et des confitures re-belle. Ces structures partagent des valeurs et des principes communs, celui d’une lucrativité limité, d’une vision démocratique de la gouvernance et un objectif de redistribution plutôt que de maximisation du profit. L’E2S est un formidable outil de développement des territoires qui correspond aux aspirations de nouvelles générations attirées par l’économie de partage et par une forme d’entreprenariat centrée sur l’intérêt général, le développement durable et l’éthique.
Si leur premier objectif consiste à avoir un impact social et/ou environnemental, ces entreprises sont à même de générer de la valeur
et d’être viable économiquement, tout simplement afin de pérenniser la démarche, d’autant plus lorsque l’activité repose sur des
investissements lourds d’infrastructures. On peut donc s’interroger sur la viabilité économique de votre projet.
Cette tour maraichère devrait s’appuyer sur une activité de production de végétaux à haute valeur ajoutée – les micro-pousses, dont il faut souligner ici le cout au kilo, près de 60€, pas certain que cela constitue l’assiette quotidienne des habitants de Cachin, des produits
maraichers plus traditionnels et de la ventre de services (animation, formation). En 2016, l’association Le Paysan urbain devait conduire une étude de faisabilité d’une activité de maraichage urbain hors sol. A-t-elle été finalisée ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Est-elle consultable ?
L’exploitation et l’animation de cette ferme verticale devait être confié à un intermédiaire en délégation de service public, sans doute sous la forme d’un affermage – le concédé, le fermier reversant à la ville une redevance notamment destinée à contribuer à l’amortissement des investissements qui auront été réalisés. Pouvez-vous nous confirmer cela et si, c’est le cas, a-t-on une idée du montant de cette redevance ?
Un récent rapport de Finansol, une association spécialisée dans le financement de l’économie solidaire, a pointé les difficultés que rencontre ses structures : une tarification des services qui ne peut pas toujours couvrir les couts, des délais de versement des subventions qui occasionnent des problèmes de trésorerie ou encore l’insuffisance des fonds propres … Si le fermier retenu rencontre des difficultés et cessent son activité, qu’en sera-t-il de l‘exploitation de cette tour ? Est-ce que cela ne fait pas courir à la Ville qui en sera propriétaire un risque économique trop important ?
Le financement participatif et les investisseurs privés peuvent aussi s’impliquer dans ses projets. Vous nous en aviez parlé … qu’en est-il
du Fonds de dotation pour l’agriculture urbaine ? Il semblerait qu’il n’ait pas été constitué !
Ce projet est pour nous un contre sens économique et un contre sens écologique. Cette ferme verticale de fer et de verre est le symbole de l’agriculture industrielle, une vitrine du pire du productivisme sous couvert d’économie solidaire !
L’agence d’architecte dans son dossier de présentation parle de « reconnecter la ville et les champs, le ciel et la terre. ». Pour nous, l’enjeu de l’agriculture urbaine est de reconnecter avant tout les hommes et la terre, les hommes et le travail de la terre.
Nous sommes favorables à un soutien au développement de l’agriculture urbaine et, cette idée d’une Cité de l’agriculture urbaine pourrait nous séduire.Renouons avec notre passé maraicher en favorisant l’implantation de jardins familiaux ou de vergers clos comme il est envisagé dans le projet Gagarine et, puisque la pression immobilière rend difficilement imaginable que se développe une agriculture de pleine terre, implantons des serres maraichères sur les toits mais, ne jouons pas aux paysans en ignorant le drame qui se jour dans nos campagnes.
Seule l’agriculture paysanne nourrira l’humanité, ce qui suppose de favoriser l’installation de jeunes à la campagne, de valoriser les savoirs et les savoirs faire des paysans, d’empêcher la destruction des terres agricoles.
L’agriculture urbaine est l’occasion de s’interroge r sur notre rapport à la terre, à la nourriture et au partage. Cultiver en ville, c’est pour les habitants un moyen de se réapproprier certains espaces, de reconsidérer les rapports qu’ils entretiennent avec leur habitat, de renouveler les échanges sociaux.
C’est aussi une alternative permettant de reprendre le contrôle de son alimentation garantissant la proximité, l’accès a des produits frais, le respect de l’environnement et la qualité et la diversité des produits agricoles.
J’en reviens à Vancouver … construisons, Madame le Maire, un programme agricole et alimentaire locale, à l’instar de cette charte
alimentaire approuvée par la cité canadienne. Organisons des assises de l’agriculture en ville et définissons ensemble des programmes d’action. Avec ces millions d’euros économisés par l’abandon de ce projet, soutenons une multitude d’initiatives.
Faisons de Romainville une « Ville comestible » !